J’ai fait le chemin au moins quarante fois dans le passé, je me souviens y être allé tous les weekends, je me suis demandé à quoi ça pouvait ressembler trente ans plus tard. Quand j’ai mis de l’essence, j’étais vraiment convaincu que je pouvais m’y rendre. Ce n’est pas parce que j’étais assis derrière, que j’avais 7 ans, que je ne pouvais pas me souvenir du chemin, du moins je voulais y croire. Quand j’ai pris le chemin vers St-Cutbert, je ne me suis pas vraiment posé de question, droite, gauche, j’étais sur la route, tout allait bien. Quand le chemin c’est fait étroit, j’ai écouté mon instinct, sans vraiment ne jamais comprendre pourquoi je tournais à gauche où à droite. Je ne me suis pas demandé, d’un bout à l’autre de ma route, où j’allais, comme si je le savais. Quand j’ai emprunté la route de terre, dans ma tête, c’était facile… un pont en bois… deuxième pont en bois… il en manquait un pour arriver, je tourne à droite, le bruit de ma voiture sur le troisième pont me semblait familier. Quand j’ai tourné à droite tout de suite après, j’étais là, 30 ans plus tard, sans vraiment comprendre pourquoi j’étais là, comment j’avais pu réussi à me rendre, car la route n’était pas facile. Je me trouvais là, près de la fermette qui était à vendre, qui n’avait plus d’animaux, près de la piscine, qui n’avait plus d’enfants, près du chalet, du bois, probablement près d’un paquet de souvenirs qui refaisait surface sans prévenir. Quand j’ai repris la route, pour nulle part, la route complexe que j’avais suivie sans même retourner sur mes pas, j’ai compris à cet instant que je devais faire confiance à mon instinct, parce qu’en voulant retrouver ma route de retour je me suis perdu, parce que je la cherchais. Parce que quand j’ai pensé à toi, j’ai su où je pouvais te trouver.
Défi du jour : Route de terre
Se laisser aller parfois mène loin, tout comme par hasard l’instinct t’as mené sur le bon chemin